Plâtrerie : cloisons sèches et isolation
C'est le poste le plus rentable d'une rénovation et le plus souvent mal fait. Une isolation posée sans réfléchir à la vapeur d'eau et à la ventilation ne fait pas gagner de confort — elle déplace l'humidité dans le mur.
Sur le bâti du secteur, l'isolation des combles arrive toujours en premier. C'est par là que part la chaleur, et dans les maisons des années 50 à 80 de Tarnos, du Boucau ou de Soustons, la laine en place est tassée à quelques centimètres quand elle existe. Reprendre les combles coûte peu et se ressent dès le premier hiver.
Vient ensuite le doublage des murs exposés. On monte une ossature métallique désolidarisée du mur, on pose un isolant fibreux de 60 à 100 mm, une membrane qui gère la vapeur d'eau, puis la plaque de plâtre. On perd 8 à 14 cm par mur traité — c'est le prix de l'isolation par l'intérieur, et il faut l'annoncer avant, pas le découvrir à la pose.
Sur le bâti ancien en pierre ou en moellon — le centre de Bayonne, les maisons néo-basques de Bidart, le vieux Dax — la règle change. Ces murs absorbent l'eau et la restituent. Les enfermer derrière un pare-vapeur étanche fait apparaître des taches d'humidité au bout de deux hivers. On utilise alors des isolants perméables à la vapeur, avec une lame d'air ventilée quand la configuration le permet.
Et dans tous les cas : la ventilation. Une maison ancienne se ventilait par ses défauts d'étanchéité. Dès qu'on les supprime, l'humidité produite par les occupants reste à l'intérieur et condense sur les points froids restants. Une VMC simple flux hygroréglable suffit presque toujours, et elle se pose en même temps que le reste du chantier.
Côté acoustique, le doublage du mur mitoyen est le travail le plus utile dans les maisons de ville du Boucau, de Tarnos ou des anciennes cités ouvrières. Ossature désolidarisée, isolant fibreux, double plaque phonique : c'est le seul traitement qui agit vraiment sur le bruit aérien. Un isolant mince collé au mur ne change rien, quoi qu'en dise l'emballage. Le point qu'on oublie souvent, ce sont les prises électriques dos à dos de part et d'autre de la cloison : elles laissent passer le son.
Pour le reste, la plâtrerie sert à transformer les volumes : créer une chambre, fermer une mezzanine, descendre un plafond pour passer des réseaux, habiller un soubassement. Les plaques hydrofuges sont obligatoires dans les pièces d'eau, et les plaques haute dureté valent le surcoût dans un couloir ou une chambre d'enfant.
Bon à savoir
Questions fréquentes
Quelle épaisseur perd-on en isolant par l'intérieur ?
8 à 14 cm par mur traité selon l'épaisseur d'isolant et le type d'ossature. Sur une pièce de 4 mètres de large dont on traite deux murs, cela représente environ un demi-mètre carré. C'est la contrepartie de l'isolation par l'intérieur, et elle est presque toujours acceptée quand on met le gain de confort en face.
Les travaux d'isolation donnent-ils droit à MaPrimeRénov' ?
L'isolation des murs et des combles entre dans le dispositif, sous conditions de revenus, et à condition que l'entreprise soit qualifiée RGE pour ce poste précis. C'est à vérifier avant de signer : une facture d'une entreprise non qualifiée n'ouvre aucun droit, même si les travaux sont parfaitement réalisés. Demandez-nous où nous en sommes sur ce point avant d'intégrer l'aide à votre budget.
Un isolant mince suffit-il contre le bruit du voisin ?
Non. Les isolants minces réfléchissants n'ont pratiquement aucun effet sur le bruit aérien, qui est ce qui traverse un mur mitoyen. Ce qui fonctionne, c'est une masse désolidarisée du mur : ossature indépendante, isolant fibreux, double plaque de plâtre phonique. On perd 6 à 8 cm et on gagne une vraie séparation.
Faut-il isoler avant de changer la chaudière ?
Oui, dans cet ordre. Une maison isolée a besoin d'une puissance de chauffage plus faible : si vous dimensionnez l'équipement avant d'isoler, vous payez une chaudière ou une pompe à chaleur trop grosse, qui fonctionnera mal en demi-charge. L'isolation d'abord, le générateur ensuite.
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